Du secret à la lumière : cinq villages cachés à explorer autour de Bégard

10/12/2025

1. Pluzunet : charme bucolique et légendes du Trégor

À seulement 8 km à l’ouest de Bégard, Pluzunet s’étire le long de la vallée du Jaudy. On la traverse souvent d’un simple coup de volant… mais ce serait passer à côté de sa lumière dorée et de ses trésors cachés.

  • Un patrimoine rural préservé : Avec moins de 900 habitants (INSEE, 2021), Pluzunet séduit par ses vieilles maisons en granit à volets colorés, ses calvaires sculptés et l’église Saint-Pierre du XVIe siècle, classée au titre des monuments historiques (Base Mérimée). À découvrir, la porte médiévale et les sablières aux décors naïfs.
  • Esprit festif : Le bourg accueille la traditionnelle fête du cidre chaque automne, une immersion dans la culture locale où l’on goûte aux produits de vergers et où l’on danse le kas a-barh, collectif et intergénérationnel.
  • Nature confidentielle : Deux sentiers balisés, dont le circuit du Léguer (8 km), longent les sous-bois et traversent la mystérieuse vallée de Goas Lagorn. En chemin, on rencontre d’anciens lavoirs, des moulins à eau et la fameuse fontaine de Saint-Aignan, réputée pour guérir les maux de gorge.

2. Kermoroc’h : minuscule et fière de l’être

Avec à peine 300 âmes, Kermoroc’h constitue l’une des plus petites communes du canton, tapie aux confins de Bégard et de Cavan. Peu de circulation, mais une âme intacte : la beauté de la simplicité règne ici.

  • Un village fleuri et solidaire : Kermoroc’h décroche régulièrement un prix au concours départemental des villages fleuris. Cela doit autant à la passion des habitants qu’aux initiatives écolo municipales : zéro phyto dans les espaces publics, bacs de compostage communs, vergers partagés à la sortie du bourg (source : site de la Commune de Kermoroc’h).
  • Patrimoine humble, mais rare : L’église Saint-Laurent du XVIIe siècle abrite une statue polychrome de la Vierge à l’Enfant, classée, et un retable naïf qui témoigne de la ferveur rurale. Le vieux presbytère accueille parfois des expositions d’artistes locaux.
  • Pause gastronomie locale : Une adresse à ne pas manquer : la crêperie solidaire Le Chant du Blé, fonctionnant en association et mettant à l’honneur productrices et producteurs biologique/s du Pays de Bégard. Envie de galettes au sarrasin pur blé noir du coin ? C’est ici.

3. Squiffiec : terre de mémoire et d’eau

À 6 minutes de Bégard par la D24, Squiffiec épouse un paysage de vallées verdoyantes où coule le Trieux. C’est un bourg discret, souvent boudé des guides, mais qui mérite largement le détour.

  • Un patrimoine ferroviaire unique : Squiffiec possède l’une des plus anciennes gares du département encore en activité, sur la ligne Guingamp-Paimpol du célèbre "Train d’Armor" (source : TER Bretagne). Pour les amateurs d’histoire ou de balades, la voie verte reprend l’ancien tracé ferroviaire, propice à la marche tranquille vers Pontrieux.
  • L’église Saint-Pierre et la fontaine : Surplombant la place, l’église du XIXe siècle se distingue par ses vitraux colorés et sa charpente apparente. Derrière, cachée dans un repli de verdure, la fontaine Saint-Pierre attire chaque année des familles pour le traditionnel pardon.
  • Initiatives solidaires : Depuis 2023, un marché hebdomadaire de producteurs dynamise la vie du village et met en avant les saveurs locales : fromages bio, miel artisanal, bières brassées à quelques kilomètres, légumes de saison.
  • À voir à proximité : Le menhir de Min Ran, haut de plus de 3 mètres, se trouve à mi-chemin entre Squiffiec et Lescouët-Gouarec, témoin de la très longue occupation humaine du secteur.

4. Moustéru : l’authenticité, entre chaos granitique et douceur pastorale

Voisin immédiat du sud de Bégard, Moustéru surprend par sa dualité entre bocage paisible et sites naturels spectaculaires.

  • Un sentier hors-norme : Le circuit du chaos du Gouët, 13 km d’aventure entre blocs de granit moussus, châtaigneraies et points de vue sur tout le Trégor intérieur. Locaux comme visiteurs y croisent souvent chevreuils ou martin-pêcheurs, surtout au petit matin.
  • Des bâtiments singuliers : Impossible d’ignorer l’élégance de la chapelle Saint-Fiacre et son enclos paroissial du XVe siècle, avec calvaire et fontaine votive. On y célèbre la tradition du Tro Breizh, pèlerinage emblématique de Bretagne.
  • Pépite participative : L’association culturelle « Les Amis du Patrimoine » restaure chaque été chemins, fours à pain, et propose des animations autour des chants bretons ou de la gastronomie traditionnelle.

Fun fact : la commune occupe une position de carrefour entre Trégor et Goëlo, et la toponymie locale évoque l'ancien breton : « Moustéru » signifie « monastère dans l’étang », clin d'œil à son passé religieux et marécageux (source : Albert Deshayes, Dictionnaire des noms de lieux bretons).

5. Louargat : entre landes et légendes

Un peu plus grande (2 000 habitants), située à 10 km au sud-ouest de Bégard, Louargat reste méconnue du grand public, bien qu’au cœur d’un territoire botanique d’exception.

  • La lande du Cragou : Zone naturelle classée de plus de 600 hectares, la lande du Cragou représente l’un des derniers vestiges de landes atlantiques de Bretagne (conservatoire botanique de Brest). Orchidées sauvages, linaigrettes et papillons rares attirent chaque printemps naturalistes et marcheurs.
  • Initiatives écotouristiques : Circuits de randonnées balisés (20 km sur la commune) et panneau d’interprétation permettent de comprendre la fragilité de ces espaces. Les écoles locales participent à la réintroduction d’espèces végétales menacées, sous l’égide du CREN Bretagne.
  • Traditions vivantes : Louargat est aussi réputée pour sa « Nuit de la Gavotte » (fin août), qui rassemble musiciens et danseurs venus de tout le Trégor. Ambiance familiale garantie.
  • À savourer : La boulangerie du bourg (Maison Le Rouzic) propose un fameux Kouign Amann à la farine locale, plusieurs fois primé.

Pour l’anecdote : Jules Verne cite Louargat – orthographié Louarguet – dans son roman , preuve de l’aura littéraire du Trégor au XIXe siècle (source : Wikisource).

Itinéraires et conseils pratiques pour une escapade réussie

  • Préparer son parcours : Pour relier ces villages, privilégier le vélo ou la voiture en s’écartant des grands axes : la D712 et la D767 offrent de jolies perspectives, mais ce sont les routes secondaires qui garantissent les plus belles surprises (faune sauvage, chapelles isolées, champs de lin).
  • Rencontrer les habitants : Tous ces villages vivent à l’heure bretonne mais n’hésitent pas à ouvrir leurs portes lors des fêtes municipales ou de visites guidées (consultez les pages Facebook des communes pour les actualités).
  • Rester écoresponsable : Privilégier les circuits courts, emporter ses déchets, respecter la quiétude des riverains et préférer les petits hébergements comme les chambres d’hôtes labellisés « Accueil Paysan » ou « Gîtes de France ».

Redécouvrir le Pays de Bégard, autrement

Loin du tourisme de masse, ces villages confidentiels témoignent d’un art de vivre où la convivialité, la résilience et l’attachement à la terre s’expriment au quotidien. Au détour d’un talus, c’est parfois la Bretagne la plus vraie qui se dévoile : un patrimoine modeste mais inspirant, des initiatives collectives, et l’invitation permanente à ralentir. Randonner, écouter les histoires des anciens, participer à une fête locale ou simplement prendre le temps de s’arrêter… Le Pays de Bégard offre mille et un détours aux voyageurs avides de sincérité.

Pour celles et ceux qui cherchent à s’émerveiller autrement, ces villages sont une promesse : celle de repartir le cœur plus léger, mais la tête pleine de souvenirs et de rencontres inattendues.

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